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La plus infime petite miette de ton enfance...

Le 4 avril 2017, 16:48 dans Humeurs 0

J’aime te regarder dormir. J’aime ta petite main serrée dans la mienne quand on doit traverser la rue. J’aime te voir courir vers moi lorsque tu sors de l’école. J’aime tes mots déformés mais tellement plus poétiques que les vrais mots. J’aime te voir jouer, allongée par terre, ton imagination prenant le dessus comme si plus rien n’existait autour. J’aime quand tu es dans ton bain et que je suis assise là, tout prêt, au cas où. J’aime te regarder te débrouiller toute seule parce que tu dis que tu es grande. J’aime te voir mettre une jupe par-dessus ton pantalon parce que princesse tu es, princesse tu resteras. J’aime t’entendre dire que je suis la plus belle des mamans. J’aime tes « bonshommes » dessinés aux feutres, qui ont quand même, il faut bien l’avouer de drôles de tronches. J’aime te raconter une histoire le soir parce qu’à ce moment-là, le temps est suspendu. J’aime tes baisers avec tes petits bras autour de mon cou. J’aime te voir courir, sauter, te rouler par terre en menant des batailles imaginaires parce qu’une princesse, ça sait aussi se battre. J’aime quand tu sors tout échevelée de l’école, avec les chaussures à l’envers et les habits en vrac. J’aime m’asseoir en face de toi lorsque tu prends ton goûter et te regarder mastiquer les yeux dans le vague. J’aime te faire un bisou à l’endroit où tu as mal pour qu’après tout aille mieux. J’aime sécher tes larmes quand tu as du chagrin.

J’aime tous ces moments parce que je sais qu’ils vont disparaître. Bientôt, ils ne seront plus là. Ils seront, pour la plupart, transformés en souvenirs. Une besace de souvenirs que j’espère emmener partout avec moi. Tu vas grandir. Tu vas évoluer. Tu vas devenir une ado puis une adulte. Tu seras quelqu’un de bien, j’en suis sûre. Alors, en attendant, s’il le faut, je m’userai les yeux à te regarder pour ne surtout pas perdre la plus infime petite miette de ton enfance.

Un jour, j'arriverai à dire adieu....

Le 4 août 2016, 16:10 dans Humeurs 1

Un jour, j’arriverai à dire adieu, cet adieu que l’on prononce à voix basse lorsque la mort pointe le bout de son nez et que l’on voit avec notre regard de soignant arriver la fin d’une histoire.

Un jour, j’arriverai à dire adieu parce que dire adieu c’est accepter que l’on ne puisse pas guérir tout le monde. Parce qu’il faut laisser son égo de côté et admettre que tenir la main, c’est le mieux que l’on puisse faire.

Un jour, j’arriverai à dire adieu et accepter que la personne en face de moi, que je soigne depuis de longs mois, doive s’en aller.

Un jour, j’arriverai à dire adieu parce qu’il est parfois nécessaire de tourner la page.

Un jour, j’arriverai à dire adieu. Chaque chose a une fin et il faut savoir continuer sa route sans regarder en arrière. Faire qu’une histoire malheureuse devienne une expérience de vie qui rend plus fort.

Pour l’instant, je ne sais que dire au revoir. Dire au revoir, c’est prolonger un peu l’histoire. Se dire que ce n’est peut-être pas la fin. Se dire que l’on se trompe, que la vie va reprendre le dessus. Au revoir, c’est faire un pas en avant et deux pas en arrière. Partir mais laisser la porte entrouverte. Dire au revoir, c’est regarder le verre à moitié plein.

J’espère continuer à dire au revoir, pour garder ne serait-ce qu’une parcelle d’insouciance. Mais je sais malgré tout, qu’un adieu est parfois nécessaire, qu’il met un point final sans fioritures ni artifice. Un jour, peut-être, j’arriverai à dire adieu….

Article tiré du blog :"lapetiteinfirmieredanslaprairie.com"

Dans mes poches...

Le 28 juin 2016, 23:16 dans Humeurs 0

Dans mes poches, il y a toujours quelque chose.

J’ai des trésors planqués, là, bien au fond :

- Un mémo pour ne pas oublier de passer à la pharmacie ou pour penser à noter la prise de sang d’un monsieur croisé dans la rue et qui m’a demandé de passer le lendemain.

- Des gélules de Dafalgan (au cas où).

- Un gant jetable ou deux, parce qu’on ne sait jamais et que l’on en a toujours besoin.

- Mon trousseau de clés qui tient toute la place parce qu’il y a beaucoup trop de clés dessus. Il y a toujours avec un joli porte-clés parce que j’aime ça les porte-clés.

- Mon téléphone qui est devenu malgré toutes mes réticences le prolongement de ma main.

- Des tickets de cinéma parce qu’on y est allé hier et que j’aime bien garder un petit quelque chose d’un bon moment passé. Une bribe de souvenirs sur lequel me raccrocher.

- Une barrette colorée qui tient les bouclettes de Pâquerette.

Même si je ronchonne en me disant qu’il va falloir faire du tri, que mes poches sont devenues comme ma voiture, un fourre-tout, j’aime les garder pleines de ces petits trésors. Je les redécouvre au fur et à mesure de la journée. Je les jette et en remets d’autres à la place. Quoi que je fasse, mes poches ne sont jamais vides. Il y a quelque chose de rassurant dans ce joli bordel. Il est moi, fait partie de ma personnalité. Je ne suis pas du genre à tout trier, tout classer, tout ranger. J’aime quand tout n’est pas parfaitement aligné, quand il y a du traviole parce que la vie, ce n’est pas une longue ligne droite. Il y a des creux, des bosses, des virages à droite et aussi à gauche. Des moments prévus et des surprises.

Dans mes poches, il y a toujours quelque chose.

J’ai des trésors planqués là, bien au fond et qui tiennent dans le creux de ma main. Lorsque je fouille, je découvre un petit quelque chose de ma maison, un petit quelque chose de ma famille, un petit quelque chose de mon travail. Tout est mélangé dans une joyeuse pagaille. Un peu comme dans la vie, une joyeuse pagaille où tout se mélange, où tout va parfois de travers puis se redresse, où rien n’est jamais acquis. Un long chemin sinueux fait de creux, de bosses, de virages et de poches pleines…

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