Dans mes poches, il y a toujours quelque chose.

J’ai des trésors planqués, là, bien au fond :

- Un mémo pour ne pas oublier de passer à la pharmacie ou pour penser à noter la prise de sang d’un monsieur croisé dans la rue et qui m’a demandé de passer le lendemain.

- Des gélules de Dafalgan (au cas où).

- Un gant jetable ou deux, parce qu’on ne sait jamais et que l’on en a toujours besoin.

- Mon trousseau de clés qui tient toute la place parce qu’il y a beaucoup trop de clés dessus. Il y a toujours avec un joli porte-clés parce que j’aime ça les porte-clés.

- Mon téléphone qui est devenu malgré toutes mes réticences le prolongement de ma main.

- Des tickets de cinéma parce qu’on y est allé hier et que j’aime bien garder un petit quelque chose d’un bon moment passé. Une bribe de souvenirs sur lequel me raccrocher.

- Une barrette colorée qui tient les bouclettes de Pâquerette.

Même si je ronchonne en me disant qu’il va falloir faire du tri, que mes poches sont devenues comme ma voiture, un fourre-tout, j’aime les garder pleines de ces petits trésors. Je les redécouvre au fur et à mesure de la journée. Je les jette et en remets d’autres à la place. Quoi que je fasse, mes poches ne sont jamais vides. Il y a quelque chose de rassurant dans ce joli bordel. Il est moi, fait partie de ma personnalité. Je ne suis pas du genre à tout trier, tout classer, tout ranger. J’aime quand tout n’est pas parfaitement aligné, quand il y a du traviole parce que la vie, ce n’est pas une longue ligne droite. Il y a des creux, des bosses, des virages à droite et aussi à gauche. Des moments prévus et des surprises.

Dans mes poches, il y a toujours quelque chose.

J’ai des trésors planqués là, bien au fond et qui tiennent dans le creux de ma main. Lorsque je fouille, je découvre un petit quelque chose de ma maison, un petit quelque chose de ma famille, un petit quelque chose de mon travail. Tout est mélangé dans une joyeuse pagaille. Un peu comme dans la vie, une joyeuse pagaille où tout se mélange, où tout va parfois de travers puis se redresse, où rien n’est jamais acquis. Un long chemin sinueux fait de creux, de bosses, de virages et de poches pleines…