Je me pose régulière cette question existentielle : pourquoi les professionnels de santé aiment les séries médicales ? De « Urgences », en passant par « Grey’s anatomy », « Nurse Jacky », « Dr House », « Nip tuck », tout y passe. À croire qu’après une journée de travail harassante, on en redemande encore !

Qu’est-ce qui fait que l’on se colle dans son canapé pour voir des gens malades ?

La série médicale est une fiction et qui dit fiction dit non-réalité. C’est cela que j’aime, le fait que ces séries sont tout sauf ce que l’on vit au quotidien. C’est un peu comme le Canada dry : « ça ressemble à l’alcool, c’est doré comme l’alcool…mais ce n’est pas de l’alcool ».

La série médicale ressemble à l’hôpital, a la couleur de l’hôpital mais ce n’est pas l’hôpital !

La preuve en est :

Qui peut être efficace lorsque dix personnes s’agitent en hurlant « demander Nfs, chimie standard, j’ai besoin d’un O Nég, emmener le chariot de réa » ? Oh doucement, doucement j’ai pas quat’ bras !

Qui peut dans sa carrière avoir droit à un crash d’avion, une tempête, un accident de ferri et tremblement de terre ? Pas de bol quand même ! C'est qu'ils attirent un peu la poisse au Seattle Grace Hospital !

Qui peut, en deux coups de cuillère à pot, faire le diagnostic d’une pathologie super, super rare ? Le tout sans se tromper et en étant en même temps pas franchement aimable !

Qui peut s’enfiler des tonnes de stupéfiants, tout en restant super clean dans son service et sans que personne ne s’en rend compte (et en plus en faisant bien son boulot !) ?

Qui peut certifier avoir eu comme chef de service, un docteur Mamour ou un docteur Ross ? Muy caliente !

Qui peut surprendre dix fois dans la même journée deux collègues sortant d’un placard à balais, ayant entrepris dans ce même placard une observation mutuelle de leur anatomie sans qu’eux n'en soient gênés le moins du monde ?

Pas moi en tout cas.

Pourtant, je les regarde ces séries. C’est une sorte de récréation.

On se prend au jeu. Eh oui, j’avoue, j’ai envie de savoir comment tel chirurgien, ancien alcoolique, rescapé d’Irak et manchot va-t-il faire pour assurer sa journée d’interventions, alors que sa petite amie s’est cassée avec le chef de service et qu’elle vient de lui annoncer que leur enfant n’est pas de lui mais de l’homme de la maintenance !

J’ai envie de rire et pleurer en même temps tellement c’est affligeant mais je m’attache tout de même aux personnages. Quelle chieuse, cette Cristina Yang (l’amie de Meredith Grey, aussi agréable qu’un sandwich avarié) ! Le docteur Ross, il est vraiment trop chou ! (c’est George Clooney quand même, what else !). Jacky Peyton, aussi junkie qu’elle est, j’aimerais bien qu’elle s’en sorte !

Eh oui, j’avoue, je regarde parce que ça fait du bien ! C’est une sorte de sas de décompression ! Un moment où l’on peut poser son cerveau et se laisser aller à la rêverie !

Et puis, les héros de séries médicales ne sont pas infaillibles. Non, ils ont des doutes, des peurs et des difficultés. Ils se font remballer par leur chef de service. Ils font des erreurs. Peut-être le seul point commun avec la réalité !

Alors, posez votre mallette, enlevez votre blouse, installez-vous confortablement dans votre canapé et savourez le monde surréaliste des séries médicales !