Un jour, j’arriverai à dire adieu, cet adieu que l’on prononce à voix basse lorsque la mort pointe le bout de son nez et que l’on voit avec notre regard de soignant arriver la fin d’une histoire.

Un jour, j’arriverai à dire adieu parce que dire adieu c’est accepter que l’on ne puisse pas guérir tout le monde. Parce qu’il faut laisser son égo de côté et admettre que tenir la main, c’est le mieux que l’on puisse faire.

Un jour, j’arriverai à dire adieu et accepter que la personne en face de moi, que je soigne depuis de longs mois, doive s’en aller.

Un jour, j’arriverai à dire adieu parce qu’il est parfois nécessaire de tourner la page.

Un jour, j’arriverai à dire adieu. Chaque chose a une fin et il faut savoir continuer sa route sans regarder en arrière. Faire qu’une histoire malheureuse devienne une expérience de vie qui rend plus fort.

Pour l’instant, je ne sais que dire au revoir. Dire au revoir, c’est prolonger un peu l’histoire. Se dire que ce n’est peut-être pas la fin. Se dire que l’on se trompe, que la vie va reprendre le dessus. Au revoir, c’est faire un pas en avant et deux pas en arrière. Partir mais laisser la porte entrouverte. Dire au revoir, c’est regarder le verre à moitié plein.

J’espère continuer à dire au revoir, pour garder ne serait-ce qu’une parcelle d’insouciance. Mais je sais malgré tout, qu’un adieu est parfois nécessaire, qu’il met un point final sans fioritures ni artifice. Un jour, peut-être, j’arriverai à dire adieu….

Article tiré du blog :"lapetiteinfirmieredanslaprairie.com"